Une dalle qui se fissure au mauvais endroit, c’est agaçant, et ça arrive souvent. Le problème, c’est de savoir à quel intervalle poser les joints pour éviter ça.
Cet article vous dit quelle distance garder entre deux joints selon votre dalle, et ce qui distingue le joint de dilatation du joint de retrait.
Il n’y a pas de distance unique : le repère dépend du type de dalle
Non, il n’existe pas de chiffre unique. Le guide technique donne 25 à 40 mètres pour un joint de dilatation, qui sépare un grand ouvrage en parties indépendantes.
Pour une terrasse ou une dalle de garage, ce chiffre ne suffit pas. Il faut d’abord savoir quel joint vous posez : le joint de dilatation, ou les joints qui découpent la dalle en panneaux de retrait.
Pour un grand ouvrage, les joints de dilatation tombent tous les 25 à 40 m. Pour un dallage non armé, on raisonne en panneaux : 5 m au plus dehors, 6 m sous abri, avec une tolérance de 10 %.
Sur une terrasse, exposée à la pluie, retenez 5 m. Notez ces panneaux sur votre plan avant de couler. Pour les jonctions avec un parquet ou du carrelage, voyez quel profilé choisir selon votre configuration.
Pourquoi une dalle sans joints finit par se fissurer
Le béton se rétracte en durcissant, d’environ 0,2 à 0,3 mm par mètre. Sur 5 m, la dalle raccourcit donc de 1 à 1,5 mm. Le froid et la chaleur la font aussi bouger, surtout dehors.
Sans joint, rien ne l’absorbe. La dalle se fissure alors au hasard, là où le béton est le plus faible, et pas là où vous l’auriez voulu.

Le joint n’empêche pas la fissure. Le béton finira de toute façon par se fissurer. Le joint sert à décider où elle apparaît : sur une ligne droite, plutôt qu’au milieu d’une pièce.
Si un tuyau traverse la dalle, le passage de tuyau dans une dalle béton indique comment le préparer avant coulage. Ne comptez pas sur une dalle sans joint pour rester lisse : posez les joints avant de couler.
Quel espacement retenir selon l’épaisseur et l’exposition
Une dalle non armée se découpe en panneaux de 5 m au plus dehors, 6 m sous abri, à 10 % près. Le grand côté reste au plus 1,5 fois le petit.
Pour un béton désactivé posé sur 20 mm de sable, ces dimensions peuvent augmenter de 35 %. Un côté collé à un mur divise tout par deux.
Tracez le plan avant de couler, sinon il est trop tard.
Pas besoin de calcul : le tableau donne l’espacement maximal des joints de retrait selon l’épaisseur. Plus la dalle est épaisse, plus on peut espacer les joints.
| Épaisseur de la dalle | 12 cm | 14 cm | 16 cm | 18 cm | 20 cm |
|---|---|---|---|---|---|
| Espacement maximal des joints de retrait | 3,00 m | 3,50 m | 4,00 m | 4,50 m | 5,00 m |
| Repère | Le plus serré | Intermédiaire | Intermédiaire | Intermédiaire | Le plus espacé |
Joint de dilatation, joint de retrait : ce qui les distingue
Le joint de dilatation
Le joint de dilatation coupe l’ouvrage en parties indépendantes. Quand une partie se dilate, elle a de la place. Résultat : moins de soulèvement du dallage, moins de fissures dans les murs.
Ne vous y trompez pas : une fourrure de 10 à 20 mm, collée entre les deux faces, rend la séparation réelle. Compressible et imputrescible, elle se tasse sans bloquer le mouvement et ne pourrit pas.
Le joint de retrait
Le joint de retrait ne coupe pas le béton sur toute son épaisseur. Il réduit seulement la section en un point, et c’est là que la fissure de retrait se forme. Vous savez donc où elle apparaîtra.
Ce joint sert surtout dans les dallages, où les panneaux se rétractent pendant le durcissement. Un joint traversant peut aussi jouer le rôle de joint de dilatation. Vérifiez-le sur le plan avant de couper.
Les deux joints ne servent pas au même usage, et leur espacement n’est pas le même.
| Critère | Joint de retrait | Joint de dilatation |
|---|---|---|
| Rôle | Guide la fissure | Sépare deux parties qui doivent bouger |
| Espacement | Distance plus courte | 25 à 40 m linéaires |
| Obturation | Obturé pour bloquer les corps durs | Obturé pour bloquer les corps durs |
Le joint de construction et le joint d’isolement
Le joint de construction marque l’arrêt entre deux coulées de béton, ou un arrêt imprévu en pleine coulée. Il est coffré, puis retiré avant la reprise.
Le joint d’isolement, lui, sépare la dalle des murs massifs et des poteaux, dont les mouvements diffèrent de ceux de la dalle.
Il traverse toute l’épaisseur du dallage. Repérez sur le plan chaque reprise et chaque élément fixe avant le coulage : une reprise oubliée se découvre souvent trop tard.
Quand scier le joint de retrait et sur quelle profondeur
Le moment de décider, c’est avant le bétonnage. Le plan de calepinage, c’est le dessin des panneaux et des joints de retrait, et il doit être établi avant de couler le béton.

Vous hésitez encore sur la taille des panneaux ? Tranchez avant la livraison, car c’est le plan qui indique où couper. Faites-le sur papier avant de commander le béton, pas le jour du coulage.
Pour un joint étanche en extérieur, suivez ces étapes :
- Dans le béton frais, insérez une languette en bois aggloméré, en contreplaqué ou un profilé plastique, qui reste dans le béton et assure l’étanchéité.
- Sciez 6 à 48 heures après le bétonnage, selon le climat, sur un quart à un tiers de l’épaisseur du dallage.
- Garnissez le joint avec un mastic à chaud à base de bitume et d’élastomère, une pâte élastomère à froid ou un produit préformé collé.
- Renouvelez le garnissage dès qu’il se dégrade ou s’arrache.
Couler une dalle en plusieurs fois sans perdre le plan de joints
Quand vous coulez une dalle en deux fois, la séparation entre les deux bétonnages s’appelle un joint de construction. Il est coffré pendant la première phase, puis le coffrage est retiré avant la reprise.

Ce joint ne devient pas pour autant un joint de retrait ou de dilatation, sauf si vous le traitez comme tel. Dessinez-le sur votre plan avant le premier coup de bétonnière, pas après.
Pour garder le plan de joints, suivez ces étapes :
- Reportez la reprise sur le calepinage, avec les joints de retrait de part et d’autre.
- Sciez les joints de retrait 6 à 48 heures après le coulage, plus tôt par temps chaud et sec.
- Descendez le sciage à un quart ou un tiers de l’épaisseur de la dalle.
- Sur une dalle exposée au vent, au soleil ou à l’air sec, faites une cure renforcée après le surfaçage.
Les erreurs qui coûtent cher sur le plan de joints
Le joint de construction se traite souvent comme un joint de dilatation. Pourtant, il sépare deux phases de bétonnage et doit être coffré dès le départ.
Une fois le coffrage retiré, collez un profilé en bois, en métal ou en polystyrène contre le béton durci. Il servira ensuite à poser un produit spécial d’étanchéité. Ne sautez jamais cette étape avant la reprise.
Sur le plan de joints, trois erreurs reviennent souvent :
- Mal placer les joints de dilatation : les mouvements de la dalle peuvent alors la faire soulever.
- Choisir l’espacement des joints de retrait sans tenir compte du retrait du béton, du frottement sur le support ou de l’épaisseur : les fissures apparaissent alors hors des joints prévus.
- Se fier à la seule surface : un chiffre en mètres carrés ne suffit pas, il faut regarder la taille des panneaux et le rapport entre leurs côtés.
Il n’existe pas de distance unique entre deux joints : tout dépend de la dalle. Le joint de dilatation sépare des parties qui bougent, alors que le joint de retrait guide seulement la fissure.
Votre prochain pas : tracer le plan des joints sur papier, avant de commander le béton. Une fois coulé, il est trop tard pour changer.






