Un escalier mal dessiné se remarque vite : on y pose mal le pied, surtout en descendant. La cause tient souvent à une marche trop étroite pour le pied.
Comment donner à chaque marche la bonne profondeur ? Cet article vous explique comment calculer le giron, le mesurer selon le type d’escalier et le comparer aux règles en vigueur.
Ce qu’est le giron, et ce qu’il ne faut pas confondre avec lui
Le giron, c’est la distance horizontale utile entre le nez d’une marche et le nez de la marche suivante. C’est la partie de la marche sur laquelle on pose le pied.
Sur un escalier droit, on le mesure en ligne droite, de nez à nez, sans suivre la pente de l’escalier. Avec un mètre ruban tendu à l’horizontale, vous lisez directement la valeur.

Le débord du nez ne fait pas partie du giron. Si le giron fait 280 mm et que le nez dépasse de 30 mm, la marche mesure 310 mm de profondeur totale. Le débord s’ajoute au giron, sans le remplacer.
La hauteur de marche, elle, se mesure à la verticale : c’est la distance entre les surfaces finies de deux marches successives.
Vous avez donc deux mesures à prendre, une pour la hauteur et une pour le giron.
Calculer le giron avec la formule de Blondel, étape par étape
La formule de Blondel et la valeur M à retenir
La formule de Blondel relie trois valeurs : la hauteur de marche h, le giron g et la foulée M. Elle s’écrit 2h + g = M.
La foulée est la longueur du pas prise en compte dans le calcul, pas le reculement total de l’escalier.
Pour le calcul, retenez 630 mm, la valeur courante de M. Elle se situe généralement entre 600 et 640 mm. Si vous choisissez une autre valeur dans cette plage, la formule se calcule de la même façon.
Isoler le giron à partir de la hauteur de marche
Pour isoler le giron g, retirez deux fois la hauteur de marche de la foulée. Voici le calcul pour une marche de 175 mm :
- Partez de la formule isolée : g = M – 2h.
- Calculez le double de la hauteur : 2 × 175 = 350 mm.
- Retirez ce résultat de la foulée : 630 – 350 = 280 mm, soit un giron de 28 cm.
Déterminer le nombre de marches avant de calculer
Commencez par fixer le nombre de contremarches, avant de penser au giron. Ce nombre doit être entier : on ne fait pas une demi-marche. Une fois ce nombre choisi, la hauteur de chaque marche est fixée.
Recalculez alors cette hauteur avec h = H ÷ N, où H est la hauteur entre les sols finis et N le nombre de contremarches.

Pour 2 800 mm et 16 contremarches, chaque hauteur vaut 2 800 ÷ 16 = 175 mm. Si la hauteur qui en sort ne vous convient pas, changez N et refaites le calcul.
Mesurer le giron selon la forme de l’escalier
Escalier droit : une mesure constante
Sur un escalier droit, le giron reste le même d’une marche à l’autre si les marches sont régulières. Mesurez-le entre deux nez consécutifs, à l’horizontale.
Le reculement, c’est la place que l’escalier prend au sol. Il ne se mesure pas le long de la pente.

Avec N contremarches, il y a en général N moins 1 intervalles entre les nez, donc le reculement vaut (N moins 1) fois le giron.
Par exemple, avec 16 contremarches et un giron de 280 mm : 15 × 280 = 4 200 mm, soit 4,20 m, hors débord.
Escalier tournant ou balancé : mesurer sur la ligne de foulée
Dans un escalier tournant ou balancé, le giron change selon l’endroit où vous mesurez. On le contrôle donc sur la ligne de foulée, le trajet où le pied passe, placée à environ 50 cm du côté intérieur du virage.
Pour un quart tournant, mesurez le trajet horizontal des volées droites, puis ajoutez le trajet dans le virage. Divisez ce total par le nombre d’intervalles entre les nez concernés : vous obtenez le giron moyen.
Escalier hélicoïdal : tenir compte du trajet autour du noyau
Dans un escalier hélicoïdal, le giron varie : il est plus petit près du noyau, le poteau central, et plus grand vers l’extérieur. Mesurez-le donc sur la ligne de foulée, le trajet du pied autour du noyau.
Ce trajet forme un arc de cercle, dont la longueur se calcule avec g = r × θ. Ici, r est le rayon et θ l’angle de rotation par marche, en radians.
Pour un rayon de 600 mm et 30° par marche, θ vaut π/6, et le giron sur la ligne de foulée est d’environ 314 mm.
Quelles valeurs viser pour le giron et la contremarche
Deux choses se distinguent : les valeurs de confort, que vous choisissez, et les minima réglementaires, qui sont des limites à ne pas franchir. Elles ne concernent pas toutes votre projet.
Pour vérifier un choix, partez de la formule (2h + g doit rester entre 600 et 640 mm, h étant la hauteur de marche et g le giron). Si la marche est haute, le giron se raccourcit, et inversement.
Le tableau oppose les repères de confort aux limites fixées par l’arrêté, pour un escalier intérieur courant et pour les parties communes.
| Critère | Escalier intérieur courant (confort) | Parties communes (arrêté du 24 décembre 2015) |
|---|---|---|
| Giron | De 260 à 280 mm | 280 mm minimum |
| Hauteur de marche | De 170 à 190 mm | 170 mm maximum |
| Statut | Repère que vous choisissez | Limite à ne pas franchir |
Ce que dit la réglementation, et à qui elle s’applique
Parties communes et logements visés par l’arrêté
Dans les parties communes des immeubles collectifs neufs visés par l’arrêté du 24 décembre 2015, une marche fait au plus 170 mm de haut et au moins 280 mm de giron.
Dans un logement sur plusieurs niveaux visé par l’article 12 du même arrêté, la hauteur monte jusqu’à 180 mm et le giron ne descend pas sous 240 mm. L’escalier intérieur doit aussi faire au moins 800 mm de large.
Les escaliers recevant du public (ERP) suivent d’autres règles. Les marches y font entre 130 et 170 mm de haut, avec un giron de 280 à 360 mm.
Pour ces escaliers, la mesure se prend sur une ligne à 600 mm du noyau ou du vide central. Le giron extérieur doit rester sous 420 mm. Donc, pour mesurer, ne partez pas du bord de la marche.
Maison individuelle : un cas à part
Pour une maison individuelle, la réglementation ne fixe pas de giron minimum général. Les minima vus plus haut ne s’imposent donc pas à votre escalier privé.
Les valeurs de confort deviennent alors votre repère. Un giron trop court fait poser le pied de travers, surtout à la descente. Pour un escalier chez vous, partez de la formule de Blondel.
La loi de Blondel est-elle obligatoire ?
Non, la formule de Blondel n’est pas une obligation. C’est une règle de conception : elle aide à dessiner un escalier qui se monte et se descend sans effort.
Les textes réglementaires fixent des hauteurs et des girons à respecter, sans imposer cette formule comme seule méthode. Vous pouvez donc la garder comme outil de calcul, puis vérifier que les chiffres obtenus respectent bien ces limites.
Retenez l’essentiel : le giron se mesure à l’horizontale, de nez à nez, sans le débord. Fixez d’abord le nombre de contremarches, puis calculez le giron avec la formule de Blondel.
Votre prochain pas : mesurez la hauteur entre les deux sols finis, choisissez le nombre de marches, puis calculez le giron. Si la marche sort trop haute, changez le nombre de marches et refaites le calcul.

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